L’emplumée vous narre une multitude d’histoires !

Pour que le plaisir d’écrire devienne le plaisir de lire

Bienvenue

Classé dans : Non classé — 22 janvier, 2011 @ 3:50

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J’aime virevolter avec les mots. Ils en perdent souvent la tête mais lorsqu’ils s’accumulent on découvre des phrases, des métaphores et des récits.

Je suis passionnée par l’écriture. Certaines personnes m’ont dis que j’étais douée. Cependant, je crains qu’ils n’aient pas vraiment été objectif. Alors j’ai décidé de créer ce blog pour partager ma passion. Et ainsi pour savoir si ce que j’écris plaira à certains d’entre vous.

Donc je suis là pour vos critiques qu’elles soient bonnes ou mauvaises. L’important c’est qu’elles puissent me permettre d’avancer et de faire de mon mieux pour améliorer mes écrits.

Vous trouverez des nouvelles, des textes argumentés sur l’actualité et enfin « seconde chance » un roman que je suis en train d’écrire. Je publierais un nouveau chapitre tous les dix jours environ.

J’espère que vous prendrez plaisir à me lire

L’emplumée.

Chapitre 11 : Confrontation

Classé dans : Seconde chance — 26 mars, 2011 @ 1:08

Pas une once de remord échappait du regard de l’insecte. Elle se dressait satisfaite devant l’homme anéanti depuis tant d’année. Ce misérable derrière les barreaux avait osé essayer de la mettre en péril. Peu importe s’il souffrait, peu importe le nombre de personnes qui pourraient finir à terre si elle pouvait accéder à son trône. Le pouvoir était son héroïne, le pouvoir était en elle du bout de ses fines pattes à l’extrémité de ses antennes. Elle était le pouvoir. Et, plus jamais un être inférieur lui causerait autant de peine que cette vermine en cage.

- Enfin je rencontre l’ami qui me veut du bien.

- Enchanté dit-il avec un regard noir

- J’ai su me libérer malgré mes nombreuses occupations pour voir l’homme qui m’a donné toutes ces bonnes recommandations.

- Pourtant vous êtes toujours aussi mauvaise.

- Pas la peine de me vouvoyer, j’ai toujours préféré être tutoyée par ceux qui souhaitent ma mort. Ca me donne une certaine importance.

- Je ne fais pas que la souhaiter.

- Pardon ?

- La mort est à vos pieds.

- Comment comptes tu faire ? dit-elle en éclatant de rire. J’ai reçu  trois misérables lettres et te voilà déjà en prison. Tu crois vraiment que tu sortiras un jour de ce trou vivant ? Pas la peine de garder espoir. J’ai des contacts et je ferais en sorte que tu prennes la peine maximale. Et si la peine de mort n’avait pas été abolie, tu serais déjà en train de marcher dans le couloir de la mort.

- Des contacts ? Pourtant votre cher juge est mort.

- J’ai plus d’un tour dans mon sac.

- Peu importe bientôt le monde entier sera qui vous êtes réellement. Et à cet instant précis les dernières larmes de votre corps seront du sang tandis que je jouirais de votre malheur, où que je sois.

- Qu’est ce que ça veut dire ? Tu as mis quelqu’un au courant ? Et tu crois qu’on croira un minable comme toi ? Enchaîna la cigale plus très sûre d’elle.

- On dirait que votre sac se vide à vitesse grand V.

 

            La cigale qui n’était pas très douée en torture psychologique, essaya de savoir si son interlocuteur bluffer. Etait-il possible qu’il connaisse un journaliste capable de médiatiser une affaire vieille de six ans ? Il avait sous entendu avoir une quinte fluch royale dans la main alors qu’elle n’avait qu’une paire de dames. Le meurtrier était devenu muet. Elle avait beau  parler, le menacer, il la regardait silencieusement se faire peur à elle-même. Elle se trouvait dans un piège en cristal bâtit de mensonge et de manipulation.

            Sentant de nouvelles craintes l’envahir, la mairesse comprit qu’elle ne devait plus jamais s’approcher de cet homme. Il lui avait suffit d’une phrase pour la détruire. En s’éloignant de son bourreau elle croisa Frédérique qui jetais un coup d’œil dans la cellule de l’assassin. La cigale s’adressa au policier d’une voix aigue et perçante.

 

- N’oubliez pas, si l’affaire est ébruitée d’une façon ou d’une autre, je serais vous le faire regretter.

- Je suis un homme de parole madame la maire. Si on entend parler de vos prouesses ce ne sera nullement ma faute. Mais à votre avis, vos amis et vos contacts seront-ils toujours là pour me  « faire payer » après qu’il est été prouvé que vous êtes une femme abjecte ?

            Elle ne préféra             pas répondre car il avait raison. En réalité elle n’avait pas d’amis, juste de nombreuses personnes qui lui léchaient les bottes car elle avait de nombreux moyens de pression et qu’il valait mieux être de son côté. Si les médias s’emparaient de cette affaire et qu’elle n’ait aucun moyen de démentir leurs dires, elle ne serait plus rien.

            Elle avait enfin retrouvé son nid douillet. Pourtant elle n’était toujours pas sereine mais constamment effrayée. Elle aurait tellement aimé que le passé puisse s’effacer pour que les vieilles histoires ne puissent pas remonter à la surface. Elle s’assit sur son lit, déprimée. Des larmes coulèrent sur ses joues blanches. Mais ce n’était pas encore des larmes de sang.

Chapitre 10 : Milieu Carcéral

Classé dans : Seconde chance — 22 mars, 2011 @ 8:17


Il se retrouvait face à face avec Frédérique pour un interrogatoire qui n’avait aucun intérêt puisque le meurtrier refusait de prononcer un seul mot. Il regardait le chef policier perdre patience de façon stoïque avec un sourire en coin. Thierry observait l’assassin quelque peu perplexe. Il ne pouvait s’empêcher d’éprouver de la compassion envers cet homme qui avait seulement voulu faire justice lui-même. Cependant dans la salle blanche, il ne semblait qu’être un psychopathe sans aucune morale. Le jeune policier avait du mal à garder les idées claires.

 

Après un long silence de plusieurs heures, il se retrouvait dans une petite cellule avec un autre détenu. Ce dernier semblait dément. Ses cheveux noirs dansaient sur son crâne. Son œil gauche bougeait frénétiquement de droite à gauche. Ses lèvres remuaient pour prononcer des paroles inintelligibles. Il était habillé de loques, un jean sale troué, un T-shirt blanc taché de rouge. Il avait une sirène tatouée sur le bras. Il tournait en rond, puis s’asseyait quelques secondes pour se remettre debout et marcher dans la minuscule cellule sans but précis. Il regardait l’homme interloqué en se demandant si les taches rouges sur ton torse étaient bien du sang. Il devait être seul pour mourir. Il ne voulait pas que quelqu’un lance l’alerte et le sauve au dernier moment. Car après il serait trop tard et Galina ne serait pas vengée. A la pensée d’un tel échec, la douleur morale se transforma en une douleur physique. Le stress contractait tellement son ventre que de violentes douleurs abdominales l’empêchait de chercher une solution sereinement.

 

Le laboratoire scientifique donna les résultats du contenant de la fiole. Il s’agissait d’un poison médicamenteux indolore. Frédérique pensa d’abord qu’il s’agissait d’un liquide mortel destinée à la mairesse. Mais il changea vite d’avis en repensant à la violence de la mort du juge Efinou. Le meurtrier voulait que ses victimes souffrent. Ce poison ne collait pas. Il en vint à la déduction que le poison n’était pas destiné à ses victimes… Frédérique décida de prendre Thierry en aparté pour lui parler de ses déductions peu ordinaires.

 

« Le fait de revivre nos journée sont les barreaux de la prison qui est notre existence »

 

- Les prisons sont-elles toutes rempli de déchets de la société ou suis-je seulement tombé sur la mauvaise cellule ?

- Qu’est ce qui veut le type ? Tu me causes ? Tu veux t’en prendre plein la gueule c’est ça ?

- Sale, malpoli, puant et violent. Un seul mot pour définir les personnages de ton genre, pitoyable…

- Connard ! Tu vas t’en prendre une tellement forte que tu vas pleurer comme un petit gosse.

 

            Sa voix douceâtre et son air prétentieux mirent le loubard hors de lui qui se jeta sur son compagnon de cellule et le roua de coup. Le meurtrier ne se défendit pas, et comme il l’attendait, les policiers arrivèrent pour mettre un terme à la bagarre.

 

- Thierry il faut que je te parle s’exclama Frédérique en voyant le jeune policier.

- Que se passe t-il ?

- Je préfère qu’on parle seul à seul à l’abri des oreilles curieuses.

- Bien dit-il tout en se déplaçant vers une salle d’interrogatoire vide

- J’ai compris quelque chose de spectaculaire !

- Ah bon ? Répondit simplement Thierry.

- Moi aussi j’ai lu le livre de Francis Risano, et plus j’y pense plus ce qui est écrit dans son livre me parait évident. Il y a un an, j’ai eu un accident de voiture. En prenant le volant j’avais comme une boule au ventre, en sentiment de peur. S’il ne s’agissait pas d’une urgence je crois que je n’aurais pas pris le volant. Et lors de l’accident, j’ai su éviter le pire comme si je savais exactement ce qui allait se passer.

- Où veux tu en venir ?

- Je me suis demandé pourquoi l’assassin était aussi sûr de lui, aussi serein. Lorsqu’on a trouvé son appartement il venait de partir, il a laissé des pistes volontairement, il joue avec nous. Pourtant je suis prêt à parier que tout ce qui compte pour lui est sa vengeance. Jamais il ne prendrait de risque inconsidéré, pourtant c’est ce qu’il fait, ça ne colle pas avec son profil. Et enfin il y a les fioles de poisons qui sont indolores. Elles ne sont pas destinées à ses victimes mais à lui-même pour qu’il puisse se suicider et revivre sa journée. C’est l’explication la plus logique !

- C’est du délire ! Malgré tout le respect que j’ai pour toi, je vais être obligé de t’ouvrir les yeux. Tu perds ton temps à cause d’une théorie démente d’un scientifique loufoque. Est-ce que c’est « logique » de revivre ses journées sans se souvenir de rien ?

- Je peux t’assurer qu’il s’en souvient très bien ! Et il va tout faire pour mettre fin à ses jours et on doit l’en empêcher.

- Bien chef dit-il d’un ton narquois avant de quitter la salle.

 

« L’homme, même le plus sûr de lui, même doté d’une capacité physique et mentale plus développée que la moyenne n’échappera pas au doute dans une situation difficile. »

 

            Frédérique avait compris qu’il ne pourrait pas compter sur Thierry. Ce n’était pas vraiment une surprise. Il épiait le meurtrier en permanence. Ce dernier ne semblait pas s’en souciait. Mais intérieurement, il savait que l’heure avançait et que s’il ne trouvait pas rapidement une solution. Jamais Galina ne serait vengée. Il n’avait pas su la protégée. Il n’avait pas le droit d’échouer. Alors qu’il échafaudait un plan pour mourir sous la vigilance de Frédérique, il entendit les claquements réguliers des chaussures d’une femme. Lorsqu’il leva les yeux, il sentit la haine s’emparer de lui de part en part. La cigale était venue narguer celui qu’elle avait tant redouté.

Une discrimination dont on parle peu.

Classé dans : L'oeil de l'emplumee — 6 mars, 2011 @ 3:55

Aujourd’hui si l’on n’est pas médecin, ingénieur, avocat ou à la tête d’une multinationale on est un raté. Nous sommes entré dans un siècle carriériste basé sur la loi fondamentale de l’argent.

Tout d’abord notons qu’il suffit d’avoir fait de longues études pour paraître intelligent et de ne pas avoir fait d’étude pour sembler stupide. En réalité il s’agit d’une vision complètement stéréotypée que l’on nous inculque au collège. En effet, l’étape avant le lycée est celle où l’on décide de notre future voie professionnelle. Elle se divise en deux catégories : les bons élèves et les cancres. Les bons élèves doivent obligatoirement suivre des études générales et les cancres des études professionnelles. Les professeurs ont du mal à concevoir qu’un élève brillant puisse être attiré par un métier « bas de gamme ». Donc on arrive à leur donner honte d’avoir trouvé la filiaire qu’il leur convient. Il est vrai que l’important n’est pas de trouver le métier qui nous va comme un gant mais de trouver le métier qui ravira papa, maman et monsieur le professeur. Toute cette mascarade donne hélas souvent le même résultat déplorable : la voie professionnelle est devenue une voie de garage et la voie générale un groupe de gens qui ne savent pas spécialement pourquoi ils sont là. Au milieu de tous ces élèves perdus il y a ceux qui savent vraiment ce qu’il veulent faire. Celui qui voudra de la voie générale aura plus de chance, car celui qui voudra la voie professionnelle aura de grandes chances de tomber sur une classe démotivée, bruyante et immature à cause du tri sélectif à la fin de la troisième.

On entend souvent dire qu’il suffit de se donner les moyens de réussir. Mais tout le monde n’a pas les capacités de suivre des études tout en travaillant à côté pour pouvoir les payer. Tout le monde n’a pas des parents pouvant aidé financièrement à notre grande réussite. Tout le monde n’a pas envie d’avoir un de ces métiers « prestigieux », non par manque d’ambition seulement car ces métiers ne donnent pas toujours envie. Avoir fait de longue études ne signifie en aucun cas être plus intelligent ou meilleur que les autres. Pourtant c’est  souvent ce que tout le monde pense. Le fait d’avoir étudié des années et des années donnent-il le droit de dénigrer ceux qui n’en n’ont pas fait autant ?

J’ajouterais que l’important ce n’est pas de faire LE métier en haut de l’échelle mais de bien faire son travail. Il y a des bons restaurateurs, des bons médecins, des bons policier, des bons éboueurs, des bons projectionnistes comme il y en a des mauvais. Tout le mérite est là ! Ce donner les moyens de bien faire. Il n’y a pas de mérite à avoir fait dix ans d’études et à trouver un travail par piston pour en profiter pour se la couler douce. Par contre, je connais une femme qui voulait devenir avocate. N’ayant pas d’argent, elle a voulu combiner études et petits boulots. Mais ce duo à causé trop de surmenage et elle n’a pas réussit. Elle est désormais femme de ménage dans un lycée. Malgré cet échec, elle respire la joie de vivre et accompagne la journée des élèves d’un grand sourire. Cette femme, elle, a un mérite extraordinaire !

La discrimination entre les métiers est omniprésente. Pourtant, on y est tellement habitué qu’on ne s’en rend pas toujours compte. Un exemple parmi tant d’autres : à la fin de l’année scolaire, on parle constamment des futurs bacheliers aux informations mais parle-t-on de ceux qui rentreront dans la vie active munit d’un Bac pro ? Bien sûr que non ! Ce n’est pas représentatif d’un pays intelligent ! Alors n’en parlons pas ce ne sont que des moins que rien !

Pour conclure, arrêtons de nous extasier devants ceux qui pensent avoir choisis un métier prestigieux et respectable. Pas besoin d’enrichir leur orgueil et leur prétention. Acclamons ceux qui font bien leur travail quel qu’il soit. Chaque emploi est important ! On a tous besoin des uns et des autres pour que notre économie fonctionne. Pourrait-on vivre sans médecin ? Certainement pas ! Mais sans restaurateur que serait la gourmandise ? Sans facteurs où livreurs comment pourrait-on partager nos plaisirs avec les autres ? Sans transport en commun où irait t-on ? sans agriculture que mangerait-t-on ? Tout arrive tout cuit dans notre assiette qu’on oublie qu’il y a des gens derrières, qu’il y a tant de personnes  qui  sont là pour nous faciliter la vie. Pourquoi un avocat mérite plus de respect qu’un éboueur alors qu’ils sont là dans le même but? Nettoyer les impuretés des autres.

Chapitre 9 : Chasseur Chassé

Classé dans : Seconde chance — 6 mars, 2011 @ 1:40

« L’homme a beau se cacher derrière un masque blanc, son passé et son histoire en disent long sur sa véritable nature. »

            La cigale ne se sentait à l’abri nulle part. Elle se sentait observée en permanence. Avec l’aide des policiers, elle décida de se mettre à l’abri là où son agresseur ne pourrait pas l’atteindre. Alors qu’elle se souciait de sa petite personne, lui n’avait pas même commencé sa traque. Il n’avait pas besoin de se compliquer la tâche. La peur frénétique de l’insecte la mènerait là où il le voulait. Il suffisait pour ça de la diriger à son escient.

            Thierry avait compris que Frédérique ne lui disait pas tout sur l’affaire. Quelques semaines auparavant, le mari de Lucie était près à tout pour comprendre pourquoi la mairesse était impliquée dans cette affaire.  Et, du jour au lendemain, il avait comme laissé tombé. Ca ne lui ressemblait pas. Le jeune policier savait que la mairesse avait eut un entretien avec ce dernier. Curieux et déçu que son supérieur refuse de raconter ce qu’il savait, Thierry tenta par tous les moyens possibles de faire parler Frédérique. Mais un novice démotivé pas très futé ne pouvait parvenir à avoir un homme rodé par l’expérience doté d’une grande intelligence. Il finit donc par baisser les bras se disant que la vérité finirait bien par être dévoilée d’une façon ou d’une autre. Et pour une fois il avait raison, la vérité serait bientôt à la porte de la ville.

            La cigale avait son nouvel habitat en horreur. Elle se trouvait dans un appartement plutôt spacieux et coquet qui d’après elle était miteux et minuscule. Ses voisins étaient majoritairement des personnes âgées à qui leurs premiers jours de retraites semblaient être leurs derniers souvenirs de leurs jeunesses perdues. Ce n’était pas le genre de lieu où devait vivre une personne aussi respectable qu’elle. Ce fut exactement pour cette raison, que les policiers avaient décidés de la faire s’installer ici. Rien ne devait être laissé au hasard. Il ne fallait pas que le tueur la retrouve. Des gardes du corps étaient à ses côtés constamment. Elle n’avait plus de vie privée. Elle n’attendait plus qu’une chose, que le meurtrier soit sous les barreaux. Elle regrettait même que la peine de mort ait été abolie. Ainsi elle aurait été certaine d’être débarrassé une bonne fois pour toute de ce monstre.

« En des temps difficiles, serions nous capable de faire la différence entre un dirigeant qui souhaite que son pays s’en sorte et un dirigeant qui profite du chaos pour endiguer les foules à une de ses causes malsaines ? Car quand il n’y a plus d’espoir, les cornes du diable deviennent une auréole d’ange. Les personnes désespérées sont près à tout accepter en vue d’un avenir meilleur. »

            Il regardait la télévision satisfait. Les médias travaillaient à sa place. Il se demandait si au même moment la cigale regardait la télévision. En réalité, seul Thierry était également devant le poste. Le jeune policier, même s’il était en repos, appela aussitôt Frédérique qui était déjà sur place à la rechercher d’indices.

            Une banderole géante faite en papier de bonbons à la menthe avait été accrochée sur le devant de la mairie avec un message inscrit dessus. Bien sûr toutes les personnes au courant de l’enquête savaient très bien qui était derrière ça et la destinataire du message. Cependant depuis le début de l’affaire, la police avait réussi à éviter sa médiatisation. Mais le meurtrier voulait que les journalistes suivent la mairesse de près. Il avait besoin d’eux pour le final de l’envol de la cigale. Le message était inscrit en lettre majuscule au marqueur noir : « Tes parents sont coupables de ta naissance »

            Noyée dans sa baignoire d’égoïsme, la cigale n’avait pas pensée une seule seconde que ses proches pourraient être en danger à cause d’elle. Elle avait tout de suite songé à sa sécurité. Elle n’avait aucun sens moral, mais elle ne voulait pas qu’il arrive quelque chose à sa famille. Ca risquerait d’être douloureux. Elle n’était pas faite pour souffrir, elle était faite pour le pouvoir, le luxe et le plaisir. La douleur ne coïncidait absolument pas dans son emploi du temps.

- Il nous nargue s’exclama Frédérique. Et j’ai horreur qu’on se foute de moi ! Alors il est temps de vous bouger et de trouver des pistes !

- Je pense qu’on peut chercher sur le lieu où il se loge. Tenta l’un des policiers

- Je suis d’accord. Il a montré à plusieurs reprises qu’il n’a absolument pas peur de nous. Et je pense qu’il n’est pas vraiment sur ses gardes. Je ne pense pas qu’il est loué un autre appartement, il doit vouloir bouger pour ne pas être repéré.

- Et bien vous voyez quand voulez encouragea Frédérique. Vous allez diffusez son portrait robot dans tous les hôtels, tous les campings et auberges de jeunesses.

- Et dans les supermarchés vendant les bonbons à la menthe ?

- Impossible. Cela fait près de trois ans que ces bonbons ne sont plus en vente.

- Comment fait-il alors ?

- Et bien je suppose qu’il a gardé ça en stock depuis plusieurs années.

- Il doit avoir un sérieux problème.

- Je pars du principe que quand on gâche son existences à tout faire pour assouvir une vengeance quelconque c’est qu’on à un sérieux problème conclu Frédérique. Allez au travail ! Il ne pourra avoir un lit confortable où dormir sans qu’on soit sur sa trace ! Fini de jouer !

 

« Si l’homme n’était pas aussi mauvais, le plaisir des uns ne coïnciderait pas si bien avec le malheur des autres. »

 

            Accompagnée de ses gardes du corps, la cigale alla voir ses parents. Elle leur expliqua qu’elle recevait des lettres de menaces depuis peu et que si elle ne leur en avait pas parlé c’était pour ne pas qu’ils s’inquiètent. Ses géniteurs la regardèrent quelque peu perplexe. Ils lui tendirent une enveloppe qu’ils avaient retrouvée le matin dans leur boîte aux lettres. Elle contenait un papier de bonbon, une photo de la cigale enfant ainsi qu’une phrase inscrite sur une feuille blanche « tu recommences à ne pas être sage, attention ! ». Ses mains tremblèrent, son teint devint blafard et elle s’écroula au sol. Son corps n’avait plus le courage de supporter toute cette pression. Voyant leur fille unique dans un état si déplorable, les parents de la cigale la firent s’asseoir sur le canapé du divan et lui servirent un verre de thé glacé. La mère de l’insecte était d’une douceur inégalable. La vie de son mari ainsi que celle de sa progéniture était la seule chose qui comptait pour elle. Elle avait une longue chevelure châtain aux reflets roux. Les même yeux verts foncés que la mairesse. Son grand sourire avait des vertus apaisantes et elle avait tendance à s’en servir à outrance. Mais cette fois ci l’état de son enfant était trop bas pour qu’elle ne puisse offrir un sourire à qui que ce soit. La figure paternelle était un peu plus stricte. Il était un homme d’affaire assez pris dans son travail. Cependant il avait toujours été là pour s’occuper de sa fille comme il se devait. Pour son éducation et pour la protéger des difficultés de la vie. Comment une famille semblant si saine avait pu engendrer une femme aussi malsaine ? Quand elle repris toutes ses facultés, la cigale expliqua que ces menaces la tuait lentement et qu’elle ne supportait plus de vivre dans la crainte. Elle leur demanda de faire très attention et qu’ils seraient surveillés par des professionnels pour leur sécurité. Son père ne semblait pas d’accord d’être épié en permanence. Mais la mairesse ne leur laissa pas le choix.

Comme s’y attendaient la plupart des policiers, l’assassin n’avait pas pris la peine de trop se cacher. Il avait pris des pseudonymes différents dans chaque hôtel où il dormait mais toujours en rapport avec la cigale. « Syndelle », « cicadidae »,  « cymbalise » et « exuvie » furent les divers noms de famille du tueur. Grâce à ce manque d’imagination et au portrait robot tous les policiers se tenaient armés devant la porte de la chambre du tueur. Lorsque les flics entrèrent dans la chambre, il se trouvait bien là. Etonné de s’être fait attrapé, il regarda sa montre, sortit de son lit, enfila une chemise et un pantalon et se laissa menotter sans tenter de s’enfuir. Il voulait savoir comment les policiers étaient arrivés jusqu’à lui avant de retenter sa chance. Son visage ne dévoilait aucun sentiment. Il semblait être vide de l’intérieur. En réalité il s’agissait d’un long travail de self contrôle. De plus, il n’avait pas à s’inquiéter. Il lui suffisait de mourir pour que l’arrestation ne soit plus qu’un mauvais souvenir. Mais avant que les policiers de le mettent en cage, ils le fouillèrent et récupérèrent la fioles de poison qu’il avait subrepticement glisser dans sa poche en s’habillant. Il avait vingt quatre heure pour mourir d’un toute autre façon…

 

« Un homme en cage est beaucoup plus dangereux qu’un homme libre »

 

 

Chapitre 8 : Paranoïa

Classé dans : Seconde chance — 20 février, 2011 @ 3:03

La peur au ventre, la cigale relisait la lettre du meurtrier. Chaque mot était un clou enfoncé dans une planche de crainte. Chaque phrase était la même interrogation « que vais-je faire ? ». Elle décida de ne pas montrer la lettre à la police. Elle avait trop fait chanté ce pauvre juge, et elle savait très bien que sa ville n’était pas mélomane. Sa réputation était en danger, elle devait tout faire pour la préserver.

            Une trêve de quelques jours ne pourrait que faire du bien à la cigale. Lui redonner un peu d’espoir. Lui faire espérer que tout ça n’était qu’un mauvais rêve. Ainsi, lorsque le compte à rebours serait enclenché elle sombrerait. Et il se délecterait de sa souffrance. Le malheur de l’insecte ne ferait qu’accroître jusqu’à son point ultime. La peur et la douleur allaient bientôt faire parti de son quotidien. Le tourbillon infernal était au pied de la cigale, et il aimait ça !

            L’enquête policière avançait doucement. Après de longues heures de recherches Thierry avait finalement trouvé le mobile du meurtre. Une injustice. Lui-même était déconcerté par l’horreur qu’avait du vivre leur meurtrier. Comment une telle calomnie avait-elle pu avoir lieu dans un tribunal ? Cependant même avec cette découverte, Thierry ne comprenait pas pourquoi l’assassin voulait s’en prendre à la mairesse. Elle ne semblait pas avoir de lien dans toute cette mascarade. Un nouvel interrogatoire s’imposait.

« Nous sommes capables de tout ou presque ! Notre technologie est en constante évolution. Nous connaissons l’anatomie, le mode de vie de pratiquement toutes les espèces existant sur notre planète. Nous pouvons même explorer le nano monde ou l’univers ! Pourtant nous sommes incapables de vivre en paix. »

- Bonjour madame dit Frédérique.

- Bonjour répondit la mairesse d’un ton maussade.

- Je viens vous poser quelques questions.

- J’ai déjà eu le droit à un interrogatoire il y a quelques jours.

- Nous avons du nouveau, nous connaissons la cause des agissements du meurtrier. Il a été victime d’une grande injustice il y a près de six ans. Le juge Efinou a permis d’innocenter l’assassin de Galina, une proche de l’assassin.

- Et qu’ai-je avoir la dedans ?

- Je suis justement ici pour le découvrir.

- Je vous repose la question, avez-vous connu l’une de ces deux personnes ?

- Parce que vous croyez qu’en me posant la même question dix fois vous obtiendrez une réponse différente ? Heureusement que je ne suis pas comme ça. Je sais ce que je dis et c’est pour ça que je suis à la tête de cette ville.

- Je sais que vous me cachez quelque chose. Si ce meurtrier en a après vous, je suis certain qu’il a une bonne raison de le faire.

- Expliquez moi après qui vous courrez ! Après lui ou après moi ? C’est vous qui êtes dans l’erreur !

- Vous savez aussi bien que moi que c’est faux.

            A la fin du procès, la cigale s’était arrangée pour supprimer tout ce qui pouvait l’impliquer de près ou de loin dans cette affaire. Cependant la détermination du flic était là. Elle craignait qu’il ruine tout. Il ne lâcherait pas tant qu’il ne comprendrait pas pourquoi l’assassin en avait après elle. Elle avait beau chercher un mensonge, rien ne lui venait à l’esprit. Son crâne n’était emplit que par la peur de mourir. Sa cervelle palpitait au moindre son inhabituel. Comment pouvait elle se concentrer pour se sortir de ce pétrin ? Elle n’en avait pas la moindre idée. La seule réponse à ses questions était l’effroi qui partait et revenait comme un boomerang.

« On passe notre temps à courir pour prendre le bus alors que l’on a peur d’arriver au terminus. »

            Il n’avait plus la patience d’attendre, il ne souhaitait qu’une chose l’agonie de la cigale. L’insecte était bien protégé, mais pas encore assez prévoyant. En plein mois d’août, la  chaleur douceâtre du soleil cuisait à petit feu le nid de la cigale. Elle ne manquerait donc pas de laisser une fenêtre ouverte…

            Fannie Châle était le nom de la dernière personne à avoir vu le juge en vie. Thierry la voyait comme une complice et espérait qu’en l’arrêtant le tueur se dévoilerait. Il se rendit avec Frédérique pour l’interroger. Mais encore une fois au moment de poser les questions Thierry restait sans voix comme paralysé. En plus d’être incompétent, il faisait passer Frédérique pour un baby-sitter. Ce dernier ne supportait pas ça.

            Les journées de la cigale se ressemblaient. Politique, pot de vin, corruption, fatigue, douche, repos. Il ne lui fut pas difficile de choisir le moment où agir. Sa vie était planifiée pour que rien ne soit laissé au hasard. Même ses repas et ses douches était chronométré et pratiquement toujours à la même heure. Elle n’avait donc pas le temps à une vie sentimentale. Et puis une femme aussi stricte, autoritaire et sans conscience ne pouvait attirer qu’un mari intéressé.

- Bonjour madame Châle, nous avons quelques questions à vous poser.

-Bonjour répondit-elle interloquée

- Pouvez vous nous confirmer avoir manger avec cet homme ? Demanda Frédérique en montrant une photo du juge Efinou.

- Oui, c’est d’ailleurs un homme des plus odieux.

- Il a été empoisonné.

- Oh mon Dieux s’exclame t’elle. Est-ce qu’il s’en est remis ?

- Il est mort et nous vous soupçonnons d’avoir été complice de ce meurtre.

- De quoi ? Moi ? Vous vous méprenez ! Jamais je ne pourrais m’en prendre à un être humain !

- Pourtant des témoins vous ont vu lui donner une enveloppe.

- Oui c’est exact. Cependant l’enveloppe ne contenait pas de poison non ? Dit elle en commençant à comprendre qu’elle s’était faite piéger par une personne qu’elle croyait être son ami.

- Ce n’est pas plutôt à vous de nous dire ce qui se trouvait dans cette enveloppe ?

- Une lettre. C’est ce qu’il m’a dit.

- Qui vous a dit ça ?

- Un ami, du moins je croyais qu’il l’était. Je suis lamentable ! J’aurais dû me méfier. Je savais au fond de moi que quelque chose n’allait pas. Mais je voulais l’aider, il me paraissait si triste… Il a profité de moi. Et… Qu’est ce que j’ai pu être stupide ! A cause de ma naïveté un homme est mort. Suffoqua-t-elle en versant quelques larmes.

- Calmez-vous et racontez nous tout en détail. Il n’est pas trop tard pour vous racheter. Il est en cavale et à l’intention de tuer deux autres personnes. Vous pouvez nous aider à l’en empêcher !

« A quoi bon vivre et revivre si chaque journée de notre existence se révèle être un terrible calvaire ? »

            La maison de la cigale était magnifique. Les murs en pierres blanches taillées en cubes étaient surmontés par un toit d’ardoise aux reflets bleutés. Derrière la maison se trouvait une magnifique piscine ovale entourée d’un sable fin presque blanc. La demeure était entouré d’un grand et splendide jardin arboré lui-même délimité par une gigantesque barrière en fer forgé blanc. Les systèmes de sécurité étaient actifs en permanence. Cependant il avait trouvé le moyen de contourner ce problème.

Si cette tentative échouait, il devrait attendre le surlendemain pour la réitérer. Ainsi, s’il échouait une seconde fois, il pourrait à nouveau se suicider sans finir définitivement dans la tombe. Il s’étonnait encore lui-même de ne pas y avoir songé plus tôt. Grâce à cette découverte qu’il avait fait quelques jours auparavant, il avait décidé de changer son plan. Il ne tuerait pas la cigale, il lui réservait quelque chose de bien pire ! La chambre de l’insecte se trouvait à l’étage. Il avait environ vingt minute pour agir. C’était largement suffisant puisqu’il n’avait pas besoin d’escalader la grande muraille métallique, ni le mur de cette maison radieuse. Il ouvrit son sac à dos noir pour en sortir un petit avion téléguidé sur lequel il avait accroché au préalable la lettre et quelques papiers de bonbons à la menthe. Il attendait patiemment que la lumière de la salle de bain s’allume avant de pouvoir tranquillement déposer le jouet dans la chambre de cet insecte répugnant.

Prête à se coucher, la cigale rejoint son nid sans faire attention où elle mettait les pieds. Elle trébucha sur le jouet. Elle fut au départ interloquée de voir le petit avion motorisé dans sa pièce. Mais quand elle vu la lettre accrochée délicatement avec un petit ruban fait de papiers de bonbons à la menthe, la panique revint à la charge. Lorsqu’elle ouvrit l’enveloppe ses mains tremblaient comme une vieille voiture qui supporte mal la vitesse sur autoroute. Elle ouvrait l’enveloppe lentement et de façon méticuleuse comme si elle craignait que la lettre soit une bombe. Mais en réalité, elle essayait de gagner un peu de temps, en espérant pouvoir ralentir le rythme effréné de sa peur. Elle craignait une collision trop violente. Une phrase manuscrite à l’encre noire était écrite sur une page blanche. Il y avait simplement noté « Tu n’as pas été sage ». Elle était accompagnée d’une photo de la cigale, datant d’environ une semaine, faisant son jogging. De ses yeux verts sales, des larmes coulèrent. Elle ne pleurait pas. Elle aurait du pleurer car elle était responsable de la mort du juge. Elle aurait du pleurer car ayant peur de perdre toute notoriété pour les élections municipales, elle avait anéanti les derniers espoirs d’un homme déchiré de douleur. Mais elle ne pleurait pas. Ses larmes n’étaient que de l’eau remplissant le vase de l’égoïsme. Ses larmes qui coulaient étaient là simplement parce qu’elle risquait de mourir. Elle aurait du pleurer car elle méritait de mourir. Mais elle versait des larmes car elle ne voulait pas périr. Elle cria ensuite à l’aide aux policiers, mais, gardant tout de même sa dignité, elle les traita d’incapable pour n’avoir toujours pas mis « l’ordure », qui en avait après elle, derrière les barreaux. 

Thierry avait la mairesse en horreur. Il ne comprenait pas comment une bonne femme cupide et aigrie pouvait être à la tête de leur commune et de leur région. Et il était obligé de la protéger. De plus, elle ne les aidait pas dans l’enquête, elle leur dissimulait des choses. Au fond de lui-même, il avait quelque peu sympathisé avec le tueur. Thierry comprenait tout à fait ses désirs de meurtres. Il arrivait même à espérer qu’il ne rate pas la mairesse.

Il n’y eut pas de réveil pour la cigale. Elle n’avait pas pu fermer l’œil de la nuit. Alors que la lune brillait sur son visage de monstre, elle se demandait jusqu’à durerait son tourment. Elle allait bientôt jouer au chat et à la souris. Elle allait bientôt devoir se cacher pour que sa vie ne soit pas en danger. Et comme si la crainte de disparaître ne suffisait pas, elle avait peur que ses secrets ne soient dévoilés au grand jour. Après ça, elle serait montrée du doigt dans tous les journaux, lapidé par le peuple puis décapité par ses confrères politiques. Sa belle vie ne tenait plus à grand-chose. Ses pensées continuèrent de se bousculer encore et encore dans sa tête. Elle ne savait plus quoi faire. Garder ses vilaines cachotteries pour elle ou tout dévoiler à la police ? Si elle ne leur disait pas tout, est qu’ils assureraient quand même sa protection du mieux qu’ils puissent ? Elle était trop importante pour qu’ils la regardent être martyrisée. Il était de leur devoir de tout faire pour son bien être. Persuadée de sa grandeur et de sa puissance, elle décida d’avoir une conversation avec Frédérique.

 « La vie est belle pour les optimistes qui savent s’enrichir et s’extasier de ce qui les entoure »

 

- Que me vaut cet honneur madame la mairesse ? Demanda Frédérique de façon moqueuse

- Je suis ici pour vous dévoiler tout ce que je sais mais de pose mes conditions.

- Quelles sont-elles ?

- Tout d’abord je veux une meilleure protection et permanente tant que vous n’aurez pas coffré ce sale type. Ensuite tout ce que je vais vous dire doit rester entièrement confidentiel je ne tolèrerais aucune fuite !

- Et que se passerait-il en cas de fuite ?

- Vous le regretterez amèrement.

- Très bien. Je vous écoute.

            Elle raconta dans les détails l’affaire sordide. Le fait d’avoir un fou sanguinaire dans sa propre famille qui risquait de compromettre sa carrière politique fleurissante. La façon dont elle s’était prise pour faire chanter le Juge. Et elle expliqua même comment elle avait supprimé toutes les preuves, ignorant comment son ennemi avait pu découvrir le pot aux roses. Après lui avoir tout dit, elle sortit les deux lettres et les remis au policier.

 

Chapitre 7 : Fouine enterrée, Cigale apeurée.

Classé dans : Seconde chance — 8 février, 2011 @ 9:24

Le spectacle était splendide ! Le cadavre de la fouine était majestueux. Le visage blanchâtre de l’animal et ses petits yeux ensanglantés écarquillés retranscrivaient parfaitement la délicieuse douleur qui l’avait faite périr. Recroquevillée confortablement sur son tapis imbibé d’un liquide putride et de sang, la fouine regardait ses spectateurs avec sa bouche flétrie grande ouverte. Quelques centimètres à côté de l’acteur mort se trouvait une lettre froissée sur laquelle était collée, dans le coin gauche, un papier de bonbon à la menthe. Si l’auteur de la scène avait pu assisté au grand final, il aurait empaillé la fouine afin que le spectacle soit éternel. Mais, à son plus grand malheur, l’artiste se devait de rester derrière les rideaux. Espérant avoir exalter son public, il attendrait sagement qu’on lui décerne un prix.

Ecœuré, ne fut pas un mot à la hauteur pour décrire l’horreur du chef d’œuvre aux yeux du jeune policier. Il avait déjà vu à plusieurs reprises des morts. Mais ce fut bien la première fois qu’il assistait à une mise en scène aussi morbide. L’odeur nauséabonde ne le dérangeait pas car il avait mis une crème odorante sous son nez, cependant le visage horrifié de la victime le perturbait et l’empêchait de se concentrer. Tandis que ses collègues échangeaient des remarques descriptives de la scène de crime, Thierry était aussi silencieux que la fouine.

Il était dans un état d’excitation tel, qu’il ne pouvait dormir. Sa vengeance avait enfin pris forme ! Une première victime. En attendant la nouvelle dans le journal, il préparait sa prochaine apparition en écrivant des lettres. Son meurtre était le crime parfait. Pour lui un homicide réussi n’était pas un assassinat sans preuve mais l’inverse. Il avait laissé volontairement de nombreuses preuves l’accablant. Ainsi il jouerait au chat et à la souris avec la police. Ainsi la cigale serait au courant de sa future venue. Ainsi elle serait meurtrie par la peur avant même qu’il n’est commencé la deuxième étape de  sa vengeance. Et lorsque la police serait sur sa piste, on confirmerait à la cigale un petit risque d’homicide sur sa splendide personne. Elle aurait peur, comme lui. Elle ne dormirait plus, comme lui. Elle crèverait, comme Galina. Lorsqu’il eut enfin le journal entre ses mains il éclata de rire. Pas un rire sadique. Pas un rire de joie. Mais un rire de réussite. Un rire triomphant. Cependant il ne criait pas victoire. Il n’avait pas terminé, la suite ne se révélerait pas aussi simple. Etre un fin stratège ne suffit pas toujours, il lui fallait également un peu de chance.

« Un lâche ne sera pas capable d’intenter à sa vie même s’il est certain de ne pas mourir »

            Les pistes étaient sous les yeux des policiers. Cependant ils leurs fallut des  heures et des heures de recherches avant de trouver quoi que ce soit d’intéressant. Thierry se pencha sur « Galina » citée dans la lettre laissée à la victime. Il chercherait dans les archives tous les procès du juge concernant de près ou de loin une personne nommée ainsi. Ce prénom n’étant pas très usité, il allait bien finir par découvrir quelque chose. Frédérique avait découvert un ticket de caisse dans la poche de la victime pour le restaurant « plaisir enchanté » daté du jour de sa mort. Il y avait également le médecin légiste recherchant le poison qui avait fait succomber la fouine. Et enfin un informaticien, peu doué, recherchant dans l’ordinateur de la victime les derniers sites visités ou autre…

            Il connaissait déjà tout sur la cigale, adresse, famille, amis. Rien n’était laissé au hasard. En attendant que la police découvre son identité, il en profitait pour leur préparer un accueil chaleureux. Il profita également de ce temps libre pour se rapprocher de la cigale. Il l’a suivit toute une journée, prenant des photos en toute discrétion.

« Suffit-il simplement de savoir compter jusqu’à deux pour ne pas mourir d’une mort non naturelle ? »

            Frédérique et Thierry se rendirent au restaurant où avait eu lieu l’empoisonnement pour interroger monsieur Pucorette, le chef de l’établissement. Les deux autres policiers essayaient d’en savoir plus sur une certaine Fannie avec qui la victime aurait discuté sur Internet. Elle était le principal suspect et le seul. Thierry connaissait bien ce petit restaurant il s’y était rendu souvent lorsqu’il était encore célibataire. Une ambiance sulfureuse, parfait pour rencontrer une conquête pour un soir. Le cuisinier était trapu. Il avait des joues joufflues, des yeux gris-vert,  une bouche épaisse rouge et un nez crochu.

- Bonjour monsieur Pucorette dit poliment Thierry.

- Salut, qu’est ce que vous me voulez ?

- On aurait quelques questions à vous poser expliqua Frédérique. Un homme c’est fait empoisonner cette nuit alors qu’il venait de manger dans votre restaurant.

- On me fait chié depuis un bon bout de temps pour que ma cuisine soit irréprochable, vous pouvez venir voir par vous-même elle est irréprochable ! Je respecte toutes c’est fichus règles d’hygiène à la lettre. Et croyez moi ça me coûte de l’argent, alors venait pas me dire que ma cuisine empoisonne mes clients ! Ca va m’en faire de la bonne pub je vous jure !

- On parle de meurtre quelqu’un à volontairement empoisonné cet homme. On a retrouvé des traces de cyanure et de phénol dans le sang de la victime. Continua Frédérique tout en montrant la photo de la victime. Etait-il accompagné ?

- Je ne pourrais pas vous répondre messieurs. Hier j’étais seul en cuisine, je n’allais sûrement pas m’amuser à aller dire bonjour à mes clients. Je le connais pas ce gars, tout ce que je peux vous dire c’est que c’est pas un habitué. T’as qu’à aller voir mon serveur au lieu de me les briser et de me faire perdre mon temps.

- Vous savez que vous vous adressez à des forces de l’ordre s’impatienta Frédérique ! Nous enquêtons sur un meurtre, vous pourriez quand même nous montrer un minimum de respect !

- Et alors ? Vous et le tout mou vous allez me coffrer ? Cessez votre cinéma, j’ai du boulot moi !

            Frédérique, dépité par le comportement  du cuisinier, préféra mettre un terme à l’interrogatoire. Le chef de l’établissement n’était pas très coopératif, et le policier avait compris qu’il ne  pourrait rien en tirer. Alors le duo alla poser quelques questions au serveur.

 « La nature nous a conçu pour que notre existence soit paisible, elle nous a permit de pouvoir réparer nos erreurs et de continuer d’avancer. Pourtant personne dans ce monde n’est réellement heureux. L’homme est une réussite parfaite sur le point organique cependant le côte psychologique reste à revoir. Nous ne pouvons pas vivre ensemble, il y en aura toujours un pour réduire l’autre à néant. »

            Encore une chose pour laquelle Thierry n’était pas doué : les interrogatoires. Tandis que Frédérique soutirait des informations intéressantes au petit serveur, il restait silencieux et bête. Ils apprirent que le juge était accompagné d’une femme blanche brune, d’environ un mètre soixante dix. . Cette femme non plus n’était pas une habituée. Il n’y avait pas plus d’information à recueillir mais Frédérique continuait de demander toute sorte de renseignements au serveur espérant découvrir quelque chose pouvant faire évoluer l’enquête. A peine sortit du restaurant, Frédérique reçu un appel. Leurs collègues avaient trouvés une adresse reliée à l’adresse IP. Elle n’était pas au nom d’une femme mais d’un homme. Ils étaient déjà en route. Frédérique et Thierry grimpèrent rapidement dans la voiture pour les rejoindre.

            Il les attendait depuis trop longtemps à son goût. Alors quand il vit arriver au loin les voitures de policiers il ne pu que se réjouir. Chantonnant, il sortit tranquillement et se mêla aux passants marchants sur le trottoir. Il n’avait pas besoin de se cacher ou de courir. Il lui suffisait de ne pas paraître suspect, d’être calme.

            Il leur avait préparé un accueil parfait qui, pour lui, était plutôt cocasse. Cela dit, les policiers ne rirent pas. Ils restèrent abasourdis devant la mise en scène dans l’appartement. Un long tapis les dirigeait vers la cheminée. Ce tapis n’avait absolument rien d’ordinaire, il était fait à partir d’un matériau sensationnel ! Des papiers de bonbons à la menthe cousus les uns aux autres. Sur le mur à côté du feu de bois crépitant était accrochés trois splendides tableaux.

            La première peinture, sa préférée, représentait le juge mort sur son canapé une lettre à la main. Une larme de sang coulait  sur sa joue creuse. A côté du canapé était peint une table en or massif sur laquelle était déposée une énorme assiette de profiterole. En arrière plan, au lieu d’une belle tapisserie, se trouvait l’œil de providence crachant un éclair pourfendeur.

            La seconde peinture représentait la cigale assise sur son beau siège. L’armature du meuble était fait avec des pièces de deux euros et les coussins en billet de cinq cent euros. Le visage de l’insecte était blême, crispé par la peur. Sa main tremblante tenait un journal sur lequel était peint la miniature du premier tableau. La tapisserie avait pour motif des fleurs de lys brodées.

            Le dernier tableau relevait plus de l’abstrait. Un être écoeurant mi homme mi crapaud était courbé au centre de l’image. Sur son ventre nu, couleur sang, était graver l’œil d’Horus. Sa langue visqueuse était accrochée à un pantin habillé d’une robe bleue. Mais le muscle visqueux s’apprêtait à être coupé par une paire de ciseau rouge.

            Chaque peinture était encadrée dans un magnifique cadre noir en ébène sculpté. Le titre était écrit de chaque œuvre sur étiquette d’écolier, collée en bas à droite. La première était nommée « l’élixir de la fouine », la seconde « le proche envol de la cigale » et enfin la dernière « Configuration du supplice du crapaud ».

            Il avait attendu longtemps avant que ses invités arrivent. Alors il avait peaufiné chacun des détails pour que leur accueil soit parfait. Il en avait profité pour créer une banderole en papier de bonbon à la menthe. Il l’avait accroché au dessus du tableau de la cigale et y avait inscrit « le compte à rebours a commencé »

La chanson « nocturne en si bémol majeur » de Frédéric Chopin passait en boucle dans toute la maison. La musique classique qui, en ordre général, à des vertus apaisantes faisait l’effet inverse aux policiers. La musique continuait sans jamais s’arrêter. Impossible de trouver sa provenance. Elle s’imprégnait de l’habitat toujours à la même cadence. On aurait cru que toute la maison chantait avec accoutumance. En réalité, elle se moquait d’eux comme si, grâce à sa clairvoyance, elle connaissait déjà la suite de l’histoire. Frédérique ordonna avec insistance à Thierry de prendre le plus de photos possible, pour qu’ils puissent enfin sortir de cette maison dont l’ambiance inspirait la vengeance.

Il avait retiré tout son argent liquide pour ne pas être suivi à la trace. Il dormirait d’hôtel en hôtel sous des noms de couverture. Il ne craignait pas d’être retrouvé. Les policiers avaient tellement été lents pour arriver jusqu’à lui alors qu’il leur avait laissé volontairement une multitude d’indice. S’il se cachait, les chances qu’il se fasse attraper était des moindres

« L’homme est plus souvent cupide, égoïste, manipulateur, intéressé qu’honnête, altruiste ou partageur. »

           Le tableau de la prochaine victime représentait la mairesse de la ville. Les quatre policiers se rendirent chez elle pour la prévenir du risque qu’elle encourait. Ce n’est pas vraiment avec amabilité qu’elle les reçu. Les politiques n’aiment pas trop voir des policiers chez eux. Peut-être parce que politique irréprochable est un oxymore ; ils ne veulent donc pas de mauvaise publicité et craignent que leurs manigances soient dévoilées au grand jour.

            Il choisit l’hôtel le plus luxueux de la ville, c’était un peu pour se féliciter d’avoir réussi sa première étape avec succès. Il s’était installé sur son lit dans le silence le plus profond. Il respirait à peine ne voulant briser ce calme qui l’amenait dans le néant. Un néant qui lui permettait de s’échapper. Une échappatoire qui lui permettait de réfléchir. Une réflexion qui lui permit de s’apercevoir qu’il n’avait pas assez réfléchis. Il n’avait pas deux chances pour réussir ses plans mais un nombre infini ! Il se trouva soudain stupide… Comment avait il pu établir et encore établir ses plans sans même songer à cette évidence ?

 « L’humanité fait peur »

 - Que se passe t-il ? demanda la mairesse

-Nous sommes venu vous mettre en garde, nous craignons qu’une personne veuille intenter à votre vie. Expliqua Frédérique.

- Vous savez tous les hommes politiques sont en danger. Il y a hélas partout des fous idéalistes. Mais ma maison est plus que sécurisée. Je ne crains rien. Je n’ai pas à avoir peur.

- Je comprends. Cependant nous pouvons poster des unités un peu partout autour de chez vous. Il y a déjà eu le meurtre du juge Efinou.

- J’ai déjà des gardes du corps. Je préfère que vous vous occupiez de l’insécurité de la ville plutôt qu’un excès de zèle. Et je ne vois absolument pas le rapport avec moi de ce juge mort dont le nom m’est totalement inconnu ! S’exclama t’elle en mentant comme elle savait si bien le faire.

- Nous n’es savons pas encore assez, mais ne vous inquiétez pas on finira par comprendre les motivations du meurtrier. Avez-vous déjà entendu parlé d’une certaine Galina ?

- La seule chose que je pourrais dire au sujet d’une quelconque Galina est que ses parents devaient être totalement dépourvu de goût pour appeler leur progéniture ainsi.

 

            Cependant à l’énoncé de ce prénom, elle se sentit blêmir. Elle changea alors d’avis et demanda la protection des policiers. Frédérique comprit aussitôt qu’elle leur cachait quelque chose. La cigale savait exactement qui en avait après elle. Elle ne l’avait jamais vu, cependant on lui avait narré sa réaction violente et les menaces proféraient lors du verdict. Elle aurait préféré le savoir mort de désespoir. Après toutes ses années, cela faisait longtemps qu’elle ne songeait plus à toute cette sordide affaire. Mais le passé avait ressurgis armé d’une batte de baseball. Elle espérait pouvoir à nouveau esquiver les coups sans dommages collatéraux. Elle devait donc à nouveau étouffer l’affaire. Une mauvaise publicité métrait à néant sa chance de réélection alors que son mandat était presque à son terme.

 « Notre monde est idéalisé par l’hypocrisie même »

            Deux jours après la visite de Thierry et ses compagnons, la cigale reçue deux lettres du même expéditeur. La première qu’elle ouvrit contenait seulement des papiers de bonbons à la menthe soigneusement défroissée. Elle ne comprit pas de quoi il en retournait jusqu’à qu’elle ouvre la seconde lettre. Dès cet instant précis, son esprit n’était plus du tout apte à être formaté pour les élections de maire et de député. Son esprit était emplit d’un terrible sentiment qu’elle n’avait jamais ressenti auparavant : la crainte de mourir.

 

« Bonjour madame la maire

           Je conviens que vous soyez très occupée mais je me permets quand même de vous écrire une lettre. J’espère que vous prendrez soin de lire toutes mes recommandations. Vous me devez bien ça, c’est grâce à ma souffrance que vous n’avez pas perdu toute crédibilité aux yeux de vos électeurs. Je tiens à vous ajouter que je n’en fais pas parti, cependant je ne pense pas que vous m’en tiendrez rigueur.

Je suis très déçu par votre comportement ! Vous devriez être punis ! Heureusement pour vous, je ne vous ressemble pas, je ne suis pas encore démuni d’âme. Alors je vous laisse la chance de vous rattraper. Mais attention pas de faux pas. Je ne suis pas loin, je vous observe. Pour que je vous pardonne et que votre vie ne soit plus en danger suivez mes règles à la lettre ! En la mémoire de Galina qui était pure et compréhensive je vous laisse le droit à l’erreur. Dès que vous enfreindrez mes règles, je vous enverrai une lettre comme avertissement. Mais sachez que ma patience à ses limites, aussi si les lettres que je vous envoie dépassent le nombre de cinq, vous serez châtiée ! Voici donc les règles à ne pas déroger.

1- Tenez vous droite

2- Utilisez votre peur

3- Ecrivez votre peine

4- Subissez mon courroux

5- Marchez vers le néant

6- Ouvrez la porte au diable

7- Retenez vos cris de désespoir

8- Ternissez votre image

9- Ecoutez chanter la mort

Nous allons bien nous amuser, prenez part au jeu car, pour vous, ce sera le dernier. Qui sait ce que l’avenir nous préserve ? Je ne suis pas devin, mais j’ai le pressentiment que ce sera grandiose ! 

 

Un ami qui vous veut du bien »